Informations sur la culture et l'histoire
Peuple
La population égyptienne est majoritairement composée du vieux fond chamitique (égyptiens, bédouins, berbères) auquel s’ajoutent des apports arabe et nubien. Les minorités (arméniens, italiens, français) ne dépassent pas 1% du total de la population.
Religion
L´Egypte pratique l´islam sunnite, branche largement majoritaire dans le monde musulman. Malgré la présence d´une minorité intégriste fort remuante, l´Egypte demeure un pays assez tolérant. Les chrétiens coptes (le terme signifie égyptiens) représentent environ 8% de la population. Cette confession miaphysite (une seule nature - divine - du Christ incarnée) ne reconnaît pas l´autorité de Rome. On dit que l´église copte a été fondée par saint Marc en personne. Il reste également environ 20 000 juifs, dont la situation est fonction des aléas de l’actualité.
Fête Nationale
Attention : les jours fériés sont calculés selon le calendrier grégorien. Les jours de fête religieuse, qui ne sont pas fériés, mais souvent chômées, sont calculés selon le calendrier lunaire. 1er janvier : Jour de l'an. 25 avril : Restitution du Sinaï (par Israël). 1er mai : Fête du travail. 18 juin : commémoration du retrait des Britanniques. 23 juillet : Fête nationale, jour de la Révolution (nassérienne). 6 octobre : Fête des forces armées. 24 octobre : Jour de Suez. 23 décembre : Fête de la victoire.
Calendrier des Fêtes
Fêtes religieuses musulmanes* : Ramadan (août ou septembre). L'Aïd el-Fitr (ou Aïd el-Seghir) marque la fin du mois de ramadan. L'Aïd el-Kebir (ou Aïd el-Adha) commémore le sacrifice d'Abraham. Le Mouloud célébrant la naissance du Prophète, au mois de mai. (*) Les dates de ces fêtes dépendent du calendrier lunaire et changent donc chaque année. Fêtes religieuses coptes : deux d´entre elles sont jours fériés nationaux : Noël (le 7 janvier) et Pâques (date mobile). Le lundi de la Pâques copte est également férié, l´Egypte tout entière célèbre alors la fête du printemps (Cham el-Nessim), antique cérémonie qui remonte à l´époque pharaonique.
Histoire
Vers 4000 avant J.C., il existe déjà un royaume de Haute-Egypte (au sud) et un royaume de Basse-Egypte (au nord). En 3200, le roi Narmer réunit les deux couronnes. L’Ancien Empire sera le creuset de la civilisation égyptienne. Le système des hiéroglyphes est mis en place. Les pyramides de Saqqarah et du Caire sont édifiées pendant cette période (dont la divinité tutélaire est Horus, à tête de faucon). Et puis l’empire se morcelle. Mais, vers 2000, le Moyen-Empire débute, qui verra le transfert de la capitale à Thèbes (Louxor) et la mise en valeur du Fayoum et du delta du Nil. Amon, à tête de bélier, préside aux destinées de ces dynasties. Cela n’empêche pas l’Empire de se défaire à nouveau. Les Hyksos bédouins s’installent au nord ; les princes thébains règnent encore en Haute-Egypte. En 1500 cependant, le roi thébain Amosis écrase les Hyksos : le Nouvel-Empire va durer jusqu’en 945 avant J.C. C’est une période brillante pour l’Egypte, présente dans tout le Moyen-Orient. Les noms de Toutankhamon et Nefertiti illustrent la XVIIIe dynastie, celui de Ramsès II la XIXe. C’est l’époque de l’hérésie d’Akhenaton, qui prétend remplacer le culte d’Amon par celui du dieu solaire unique Aton ; l’époque aussi de l’Exode des Hébreux. Pourtant, l’Empire est affaibli par des déséquilibres internes ; au nord, des Berbères pénètrent dans le delta, les Nubiens font sécession au sud et, bientôt, les Perses raflent la mise. La situation demeure instable, jusqu’à ce que survienne Alexandre le Grand, qui balaie les Perses, se fait reconnaitre comme dieu et fonde Alexandrie. La mort l’emporte jeune et l’Egypte échoit à Ptolémée. Celui-ci reprend les choses où son mentor les a laissées : phare et bibliothèque d’Alexandrie, canal du Nil à la Mer rouge, restauration des grands sanctuaires. Les Grecs offrent trois siècles de grandeur à l’Egypte. Mais, hélas, leur dernière reine, Cléopâtre, manque de nez (quoi qu’on en ait dit) ; elle prend le mauvais amant et l’Egypte est colonisée par Rome. Pax romana donc et un évènement majeur, l’essor du christianisme, qui deviendra religion d’Etat. Ensuite, les choses iront leur train byzantin jusqu’à ce qu’en 639 les arabes envahissent le pays. L’Egypte vit alors au rythme des dynasties arabes musulmanes : omeyyades, abbassides, fatimides (chiites) qui fondent Le Caire. Au XIIIe siècle, Saladin rétablit l’orthodoxie sunnite et contre les croisés (saint Louis est fait prisonnier à Mansourah). Puis les mamelouks prennent le pouvoir ; autoritaires et centralisateurs, ils n’en sont pas moins des entrepreneurs avisés et le pays tire bénéfice du commerce entre l’Orient et l’Occident, dont il est une plaque tournante. Mais l’ouverture de la route méridionale vers les Indes ruine le régime et, en 1516, les Turcs s’emparent de l’Egypte. Elle sera donc administrée par des pachas. L’expédition de Bonaparte (1798-1801) la remet au contact de l’Occident. Et l’Occident à son contact : l’égyptologie nait à cette occasion. L’Empire ottoman a été ébranlé dans l’un de ses jardins. Ce sont pourtant les Turcs qui installent le fondateur de l’Egypte moderne, le pacha Mehmet Ali. S’étant débarrassé sans états d’âme de mamelouks peu fidèles à la Sublime Porte, il consacrera 40 années au développement économique (irrigation, routes) du pays. Ses successeurs prirent le titre de khédive et s’assurèrent une autonomie de fait. En 1869, Ferdinand de Lesseps supervise le percement du canal de Suez. Le commerce reprend le chemin de l’Egypte. Les Anglais en prennent ombrage et s’installent en 1882. Ils imposent le protectorat en 1914, puis le font confirmer après que les Ottomans aient perdu la Première Guerre mondiale du côté allemand. Le haut-commissaire britannique est, dès lors, le patron de l’Egypte. Pendant ce temps, le mouvement national égyptien se développe. En 1922, l’indépendance est négociée avec les Britanniques ; la tutelle demeure. 1936, nouvel accord sur le retrait des troupes de sa gracieuse majesté : elles partent tout en restant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Egypte est un bastion allié. La création de l’Etat d’Israël change la donne dans la région. L’Egypte participe aux guerres israélo-arabes dès 1948. Un coup d’Etat militaire chasse le roi Farouk en 1952 et, bientôt, Gamal Abdel Nasser (1918-1970) préside aux destinées du pays, dont il fait l’un des phares du tiers-monde. Il noue des liens étroits avec l’URSS et nationalise le canal de Suez, en 1956 (l’intervention franco-britannique échoue : fin d’une époque). Anouar el-Sadate (1918-1981) lui succède et sa politique marque une nette inflexion : partenaires économiques renouvelés et arrêt des conflits à répétition avec Israël (accords de Camp David en 1978, retour du Sinaï). Son assassinat en 1981 (situation intérieure tendue) consterne le monde. Hosni Moubarak (né en 1928) hérite d’un pays qui s’est acquis un vrai rang dans le concert des nations. Et qui s'est acquis une maturité politique suffisante pour lui signaler en 2011 que tous les règnes ont une fin. Depuis, le président Morsi (Frères musulmans), sorti des urnes, a été renversé et l’armée a repris les rênes.
Cuisine
Il serait abusif de prétendre que la cuisine égyptienne soit la meilleure de Méditerranée orientale. Même si la base est commune (pois chiches, blé concassé, semoules, fèves) l´Egypte manque de quoi accommoder. Peu d´élevage (y compris de volaille), peu de pêche, pratiquement pas de gibier : n´attendez pas de miracles gastronomiques. Les Egyptiens se nourrissent. Comme partout dans la région, vous aurez droit aux traditionnels houmous (purée de pois chiches), tahina (purée de sésame) ou aux nombreuses soupes, dont les recettes varient en fonction des ingrédients disponibles. Le repas est souvent servi dans de petits plats comme les mezze libanais. Mais vous ne mourrez pas de faim : dans les petits restaurants de campagne, demandez donc le foul, sorte de soupe tirant sur le ragoût, auprès de laquelle la potée auvergnate semble une spécialité de régime.
Boisson
L´eau, bien entendu. De préférence en bouteille capsulée, la nappe phréatique n´étant pas exempte de pollution. L’eau courante, officiellement potable, n’est pas aux normes européennes. Le thé et le café sont deux vieux compagnons de l´Egyptien. Le premier est servi brûlant, parfois à la menthe (mais il faut le demander expressément) ; le second est préparé à la turque. L’un et l’autre sont servis sucrés. Les jus de fruits frais sont innombrables, délicieux et servis glacés. Mais souvent allongés d´eau (voir le premier alinéa). En conséquence, choisissez d´abord le lieu où vous les boirez. La boisson phare est le karkadé, infusion de fleurs d´hibiscus, servie soit chaude, soit glacée. Chaude, vous êtes sûrs de son innocuité. Et c´est excellent contre l´hypertension.