À une quarantaine de kilomètres seulement de la côte de la Tanzanie, Zanzibar est parfumée aux épices et tournée vers la culture orientale. Ce long radeau de terre est baigné par des plages infinies de sable blanc, bordée de palmiers et de cocotiers.
À Zanzibar, plusieurs mondes se télescopent : un fond d’Afrique dans des villages assoupis de bord de mer, quelques vestiges de l'empire britannique, beaucoup d’Arabie, le tout enrobé par les senteurs de l’Inde.
Zanzibar Town est une ville portuaire, baignée par l’océan Indien, dont le cœur ancien, appelé Stone Town (la ville de pierre) en anglais et Mji Mkongwe (la vieille ville) en kiswahili, constitue le joyau. Ce centre ancien est d’une telle richesse qu’il a été inscrit en 2000 au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Sports & nature
Comme partout en Afrique, le football est extrêmement populaire à Zanzibar. Et bien que tanzaniennes, les îles de l’archipel font partie de la Confédération africaine de football (CAF) et ont leur propre équipe « nationale ». Et, entre deux parties de bao, le jeu de plateau traditionnel, la gymnastique est également très pratiquée, notamment à la plage. Côté activités, c’est évidemment sur l’eau (et sous l’eau) que ça se passe. Le kitesurf en a fait une de ses nouvelles destinations tendance attirant des touristes plus jeunes. Les amateurs de pêche au gros trouveront autour des îles de l’archipel des spots d’exception pour taquiner des marlins et des espadons de belle taille. Enfin, Zanzibar est définitivement un paradis sous-marin qu’il convient de découvrir avec des bouteilles sur le dos et des palmes aux pieds. La visibilité y est exceptionnelle et le récif corallien abrite une foule d’espèces multicolores.
Les combats de taureaux, l’héritage portugais
Étonnant : les Portugais n’ont pas légué un grand héritage aux Zanzibarites, mais les deux siècles de colonisation ont laissé une tradition bien particulière : le combat de taureaux, dérivé de la corrida du XVIIe siècle, que les colons pratiquaient ici. A Pemba, les habitants ne combattent pas le taureau, le sport est beaucoup moins violent : le matador se contente de faire valser la bête et de tester ses réflexes, avant de se réconcilier avec le taureau dans une parade au milieu des fleurs et des prières.
D’autres sports très pratiqués
Depuis 1992, le judo est un sport très populaire à Zanzibar, grâce au fondateur du club de l’île, M. Tsuyoshi Shimaoka. La gymnastique, l'acrobatie et le cirque en général sont pratiqués par les adolescents et les adultes sur de nombreuses plages de l’île, à un excellent niveau. Vous les verrez faire d'impressionnants flips sur les plages principales à l'heure du coucher du soleil. Les resorts programment souvent des shows d’athlètes locaux impressionnants, agiles, équilibristes avec des numéros assez aboutis, notamment le spectacle de la Full Moon Party à Kendwa.
Le jeu du bao, le passe-temps traditionnel
Sorte de backgammon local, c’est le passe-temps favori des Zanzibarites. Un bao est habituellement composé d’une planche de bois de 32 trous et de petites pierres polies, les kete. Le bao est pratiqué partout en Afrique, en Inde et aux Caraïbes, mais les Swahilis sont très fiers de leur version qu’ils appellent le king bao. Régulièrement des tournois sont organisés. Le jeu consiste à garder ses pions et à prendre ceux de l’adversaire, c'est assez proche de l'awalé d'Afrique de l'Ouest qui ne compte que deux rangées de pions au lieu de quatre ici. Les enfants apprennent à y jouer dès qu’ils savent compter. Ils creusent des trous dans le sable et prennent des coquillages pour fabriquer leurs pions.
Un paradis de la plongée sous-marine
Zanzibar est une destination en vogue pour la plongée, avec une densité et une visibilité sous-marines exceptionnelles. La plongée de nuit est possible. Les eaux de l’archipel supportent aisément la comparaison avec celles des Maldives ; quand l’eau est trouble, on y voit à 20 m. C’est le moment d’en profiter avant que la foule des autres destinations mondiales n’arrive. Il est vivement recommandé d’aller voir avec des bouteilles du côté du récif corallien. Vous y trouverez des tombants de plusieurs dizaines de mètres, d'incroyables variétés de coraux avec des passes et des canyons, toutes sortes d’anémones et d’éponges (dont certaines font 1,5 m de haut), des tortues de mer, des centaines d’espèces de poissons en tout genre, et même des espèces pélagiques. Si la côte sous-marine est plus sauvage et peut-être plus spectaculaire à l’est (notamment avec de grands prédateurs), elle est aussi plus ardue car moins protégée du courant froid. Au contraire, les fonds marins de la côte ouest de l’île permettent de voir de nombreuses variétés de poissons. Voilà quelques spots d’exception.
Le récif de Pange, non loin de la vieille ville, à 14 m de profondeur maximum, avec notamment des poissons-clowns et des poissons-perroquets.
L’îlot de Bawe (en face de la vieille ville également), entouré d’un récif de 18 m de profondeur maximum, avec de nombreuses espèces de coraux.
L’épave du Great Northerner, au sud de Bawe, un navire britannique qui coula le 1er janvier 1900, en posant un câble à 12 m de profondeur.
Le récif de Murogo, à 24 m de profondeur, habité, entre autres, par des tortues.
Le récif de Nyange, le plus grand de ce côté de l’île, où l’on voit très souvent des tortues.
Le récif de Boribu, peut-être le plus impressionnant, avec ses énormes montagnes et colonnes de corail, ses éponges géantes, à 30 m maximum.
Bongoyo, à une demi-heure de la vieille ville, est une réserve marine. On peut y marcher jusqu’au lagon des requins et jusqu’aux falaises ; sur la côte est, lorsque la mer se retire, des poissons restent souvent dans des bassins où l’eau est retenue.
Menai Bay, au sud de l’aéroport, entre Fumba et Kizimkazi, où a été créée une réserve naturelle (MB Conservation Area) en collaboration avec les pêcheurs, et où l’on trouve quelques atolls et pas mal de dauphins.
L’île de Mafia et sa barrière de corail abritent marlins, kingfish, barracudas, mais surtout des tortues de mer et le mythique requin-baleine. Après s’être acquitté du prix de la réserve marine, place à des plongées d’exception.
Les îles de Pemba et de Missali offrent également des sites à la faune aquatique spectaculaire et vierges de plongeurs. Tortues et raies manta y ont élu domicile.
Informations sur la culture et l'histoire
Les premières références à Zanzibar remontent au Ier siècle et sont issues de sources grecques mentionnant les relations régulières entre l’Arabie et l’Est africain. À cette époque, la civilisation swahilie s’étend de la Somalie au Mozambique et comprend des populations perse, indienne, arabe et africaine. Zanzibar se trouve alors au centre des échanges commerciaux.
Plus tard, autour des VIIe et VIIIe siècles, l’apparition de l’Islam engendre de nouveaux voyages d’exploration. Les musulmans espèrent ainsi constituer un empire économique et commercial le plus étendu possible.
Ivoire, encens, bois de charpente, peaux de léopard, plumes ou esclaves, le commerce s’intensifie dans cette région du globe et l’Afrique orientale exporte en masse ses richesses.